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Profondeur...

Profondeur…

5 avril 2018 par cath.pradal, publié dans ostéo, psy

Au départ j’ai proposé à Mina, sage femme, d’écrire un article sur le périnée et les abdos en rééducation hypopressive. Techniquement cela ne représentait aucun problème, mais j’ai senti une hésitation de sa part. Elle m’a demandé si elle pouvait s’exprimer sur d’autres sujets, et j’étais partante tant que son enthousiasme la portait à témoigner de sa pratique et de ses réflexions.


Ce début de discussion nous a fait dévier puis recentrer sur ce qu’est la profondeur. Profondeur anatomique concrète de la femme, des organes génitaux logés profondément au creux du ventre et du bassin. Profondeur de la respiration et du diaphragme dont on se sert activement dans le travail hypopressif et dans le Yoga. Mais sans qu’elle le dise vraiment, Mina a ouvert le champs de conscience sur tout le territoire de la profondeur versus superficiel …de la vie actuelle. Nous sommes passées de la surface de la peau, celle du ventre, des abdos, du dos, du périnée, à la profondeur, l’intimité, la chaleur du corps, la chaleur de l’humain. Etrangement, cette profondeur nous a immédiatement ralenties, elle a retenue notre attention. Nous nous sommes posées, presque à méditer sur tout ce qu’il y avait à en dire de simple et pourtant précieux. J’ai réalisé qu’aujourd’hui tout va si vite, on dit souvent que les choses glissent sur soi. On entend souvent aussi qu’il faut tenir, et qu’on est très loin de ce ventre chaud de mère, de nos instincts, de la terre qui nous porte. Il pourrait être bon de tenir un peu moins, glisser un peu plus et se rapprocher du sol tranquillement parfois pour se reposer, se laisser porter, laisser faire... Dans mon travail d’ostéopathe, je pose les mains à la surface, je permets à mes patients de rester habillés et ainsi garder leur armure sociale. Je travaille en superficie. Pourtant, quand je pose les mains, je sais exactement à quel niveau de profondeur elles agissent, à quel tissu je  souhaite m’adresser. Je sais aussi que la mécanique de l’ostéopathie pour fantastique qu’elle soit ne représente pas la totalité de mon travail. Une partie symbolique existe quand un sacrum se pose sur mes mains, c'est aussi l'émotionnel de la personne, son énergie de base, l'harmonie de sa démarche, sa possibilité de danser et d'accueillir la vie qui se trouve là, dans cette pièce sacrée. Ces moments d’écoute du corps et cette profondeur qui transparait, ce reflet de l’énergie, de circulation du Prana, et de l’équilibre général qui sont présents lors des consultations. Voilà ce que m’évoquait la profondeur…

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